Le 1er septembre, aura lieu à Bruxelles un sommet extraordinaire entre les dirigeants de l'UE, à propos de l'aide à la Géorgie et de l'avenir des relations avec la Russie. L'European Council on Foreign Relations estime que l'UE doit prendre l'initiative dans cette crise internationale, notamment parce que les Etats-Unis sont déjà assez mobilisés en Irak et en Afghanistan. Doit-elle cependant tenter de rétablir la situation telle qu'elle se présentait en juillet, ou prendre position sur certaines vélléités indépendantistes ossètes et abkhazes, ainsi que sur la participation russe à des instances internationales telles que le G8 et l'OMC?


Au cours du rassemblement des ministres des Affaires étrangères des pays de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord le 19 août à Bruxelles, des désaccords entre les pays de l'UE sur le comportement à adopter envers ce que le magasine allemand der Spiegel appelle "le dangereux voisin", dont les troupes occupent toujours la Géorgie. Si la majorité des pays de l'Europe de l'Est membres de l'UE, Pologne en tête, souhaite un semblant de fermeté face à l'exécutif russe, la France et l'Allemagne mesurent leurs propos.


Neufs pays européens sont prêts à ranimer le procédure de "coopération renforcée", qui n'a encore jamais servi, pour simplifier les divorces de leurs couples binationaux, au risque de réveiller la peur d'une Europe à la carte (euro, espace Schengen...) En effet, certains y voient une jurisprudence inquiétante pour l'avenir de la construction européenne.


Voilà une condition notable du rapprochement entre la Serbie et l'UE de remplie: L'ancien chef politique des Bosno-Serbes durant la guerre de Bosnie (1992-1995) Radovan Karadzic a été arrêté lundi 21 juillet par les services secrets serbes. En avril 2008, la Serbie a signé un accord de stabilisation et d'association avec l'UE, peu avant la victoire aux législatives du président Boris Tadic, sur la promesse de rapprocher la Serbie de l'Europe, ce qui ne paraît réellement envisageable qu'aujourd'hui. La pleine et entière coopération avec le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie demeure le principal préalable à des négociations.


L'historien, ancien ministre polonais et député européen Bronislaw Geremeck est mort dimanche 13 juillet dans un accident de voiture. L'Europe humaniste perd l'un de ses plus fervents défenseurs.


Ironie du sort, sens de la diplomatie? Le Parlement néerlandais a ratifié le traité de Lisbonne dans une indifférence généralisée (en Europe du moins). Est-ce pour des raisons de changement du mode de ratification? Probablement, mais surtout parce que l'enjeu n'est guère mobilisateur après le non irlandais, la stratégie du président polonais contre son parlement, et les réticences tchèques.


L'Europe remet au goût du jour l'eurovignette, inspirée d'une directive datant de 1999, prévue pour 2011. Déjà contesté dans son principe même, le système du pollueur-payeur s'insinue dans la législation européenne au moment même où l'UE est menacée de récession (le Monde du 09-07-08), et en proie à une sévère inflation, notamment sur le carburant.


A l'occasion d'une réunion des ministres européens de l'Intérieur hier à Cannes, les 27 Etats membres se sont accordés à l'unanimité sur le Pacte européen sur l'immigration et l'asile proposé par la Présidence française de l'UE. C'est l'Espagne qui était la plus réticente, s'estimant contrainte pour sa sécurité à procéder à des régularisations massives. Le principe de la régularisation au cas par cas, sans rejet de principe de la régularisation, a été adopté. Reste à déterminer les motivations qui pourront, au cas par cas, justifier une régularisation.


Reprenant à son compte une promesse de Jacques Chirac, le Président français se fait fort de soummettre à nouveau à l'UE une proposition de baisse de la TVA dans certains secteurs, notamment la restauration, et nombre d'activités répondant à des normes de respect de l'environnement. La Commission, si elle n'est pas acquise à la cause, a inscrit dans son calendrier une réflexion sur ce thème, mais c'est de l'aval des 27 membres de l'Union qu'aura besoin N.Sarkozy. Une dérogation en appelant d'autres, nombreux sont les pays qui voient dans cette mesure une jurisprudence dangereuse, à l'opposé du principe d'harmonisation des politiques fiscales, et de surcroît ayant un effet plus que douteux sur les finances publiques des pays (qui peinent déjà à respecter le pacte de stabilité et de croissance).